Linee guida attuali

Rapport d'activité du secrétaire général

L'intégration professionnelle forcée ne fonctionnera pas

L'intégration professionnelle et sociale constitue, avec la garantie du minimum vital, l’un des principaux enjeux de l'aide sociale. Avec la baisse du nombre de cas, la part des bénéficiaires de l’aide sociale constituant le principal groupe cible de l'intégration professionnelle a également diminué : les personnes sans emploi. En l'espace de six ans, la statistique de l'aide sociale fait état d'un recul de 73’000 à 42’000 personnes. Les fournisseurs de programmes d'insertion professionnelle ressentent fortement cette baisse. Aujourd’hui, les participantes et participants présentent d’autres problématiques, souvent plus complexes. La question de savoir comment les personnes présentant une employabilité limitée peuvent intégrer le premier marché du travail gagne en importance.

Sur le plan politique, le débat sur l'intégration professionnelle s’est déplacé vers un autre enjeu : celui des réfugiés en provenance d'Ukraine et d'autres pays. Fin 2023, le Conseil fédéral avait fixé comme objectif d’atteindre un taux d’activité de 40% pour toutes les personnes titulaires du statut S d’ici la fin de l’année 2024. Pour y parvenir, les ORP et l'aide sociale devaient collaborer plus étroitement afin d’accélérer le processus d’intégration. Après les vacances d'été 2024, un groupe d'experts a présenté des propositions d'économies, dont la réduction des forfaits globaux versés par la Confédération aux cantons pour garantir la couverture des besoins vitaux des personnes réfugiées. Selon ce rapport, ces mesures devraient permettre d’économiser près de 700 millions de francs d’ici 2028, en « incitant les cantons à accélérer l’intégration de ces personnes sur le marché du travail ».

Objectif de 40% non atteint

Tout au long de l'année, tant au niveau national que cantonal, des concepts ont été adoptés et des journées d'impulsion organisées, des nouveaux programmes lancés et le nombre de cours de langue a été doublé. Pourtant, l'objectif d’un taux d’activité de 40% pour les bénéficiaires du statut S n’a clairement pas été atteint.

Pour les professionnels de l'intégration et de l'aide sociale, ce résultat n'est pas une surprise. Bon nombre des idées discutées, approfondies ou lancées au cours de l’année ne sont pas nouvelles. Dans le cadre de la collaboration interinstitutionnelle CII, des représentantes et représentants des autorités du marché du travail, de l'aide sociale, de l'intégration, de la formation, de l'AI et de la SUVA collaborent depuis de nombreuses années pour améliorer l'intégration professionnelle et la participation à la formation, ainsi que pour identifier les problèmes de santé à un stade précoce.

Des projets pilotes notoires, tels que « Pforte Aargau » lancé au début des années 2010 ou « Pôle Insertion + » à Fribourg, ainsi que l’Agenda Intégration mis en place il y a cinq ans, ont permis d’acquérir de nombreuses connaissances empiriques. Les défis à relever en matière d’intégration professionnelle, et notamment en ce qui concerne la collaboration entre les différents systèmes sont bien connus. Cependant, les frontières entre les différents systèmes empêchent souvent d’instaurer une collaboration interinstitutionnelle plus étroite. Mais il existe aussi des opportunités et portes ouvertes, surtout lorsque des collaborateurs engagés sur tous les fronts s’accordent sur des objectifs communs et surmontent ensemble les obstacles.

Les objectifs ambitieux fixés par la Confédération dans le domaine de l'intégration professionnelle offrent la possibilité de donner un nouvel élan à la collaboration interinstitutionnelle, parfois en perte de vitesse. Ils peuvent également relancer les développements au sein de l'Agenda Intégration Suisse. Les évaluations du programme montrent une hausse progressive du taux d’activité chez les personnes réfugiées.

L'intégration prend du temps

Toutefois, vouloir imposer une intégration professionnelle à marche forcée est voué à l’échec. Il faut du temps pour trouver ses repères dans une nouvelle culture, apprendre une langue et accéder au marché du travail – souvent plus de quatre ans. De même, retrouver un emploi suite à des problèmes de santé nécessite patience et persévérance. L’Agenda Intégration de la Confédération et des cantons, l’offensive de formation continue de la CSIAS, ainsi que les nombreuses mesures mises en œuvre par les autorités sociales et d’intégration dans tout le pays vont dans la bonne direction. Afin de poursuivre sur cette voie, un engagement commun et un financement conjoint de la Confédération et des cantons sont indispensables.

Markus Kaufmann, Secrétaire général de la CSIAS